Je parle très rarement de ma maladie autour de moi, j’en ai honte, et j’ai du mal à l’assumer. Je sais aussi qu’elle est mal perçue autour de moi.

Une partie de ma famille estime que je n’ai qu’à me mettre un bon coup de pied aux fesses pour avancer au lieu de pleurnicher sur mon triste sort.
De trouver du boulot aussi, si je ne vais pas bien c’est parce que je reste enfermée « entre quatre murs », ça ne m’aide pas et à les entendre, retrouver du travail sera la solution à tous mes soucis.

Lors de mes différents épisodes de dépression, j’ai été « jugé » comme faible, pas assez forte et trop « végétative ».

Je me suis donc fermée en menant mon combat toute seule pour éviter de souffrir des remarques des autres.

Remarque d’un père jamais satisfait de ce que je suis avec des remarques et des jugements qui enfoncent le clou à chaque fois un peu plus loin.

Mon conjoint est au courant de la maladie, il est un peu dépassé parce qu’il ne la connait pas et il est très maladroit. Je pense qu’il veut m’aider mais ne sait pas comment s’y prendre. Ce n’est pas quelqu’un de très solide, ni de très « attentionné ».
Je pense qu’il subit mes sautes d’humeur, mes larmes ou mes reproches sans savoir quoi faire.

Je n’ai jamais évoqué ma maladie avec mes enfants, aurait il fallut que je sache moi-même pour expliquer et à leur âge (11 et 12 ans) je ne sais pas comment je pourrai expliquer ou dire que je suis malade sans les inquiéter.
Est-ce vraiment important de mettre un nom sur mon mal être pour eux qui finalement m’ont toujours connu cyclique ?

Très peu de mes amis sont au courant de ma bipolarité.
Oui j’en ai honte, je le reconnais et j’ai peur du regard des autres, peur qu’on me tourne le dos parce que dès que l’on parle de maniaco-dépression, les gens ont peur et vous jugent très vite dans la catégorie « fou ».
Je n’en parle donc pas, ou très peu… De toute façon en parler, ça ne me fera pas avancer plus vite.