Je me sens fragile, prête à trébucher et à tomber. J’ai conscience que j’ai une épée de Damoclès au dessus de la tête, que j’ai perdu mes barrières en arrêtant le théralite et qu’il faut que je sois vigilante.

Il y a des jours ou je me sens mieux que d’autres, des moments ou j’ai envie de sortir, de voir du monde, sans doute parce que je sais que ça m’aide beaucoup et que le soir en rentrant je me sentirai bien..
Mais à d’autres moments je me terrerai dans mon terrier sans sortir et sans voir personne. J’ai conscience que ça n’est pas bon pour moi, mais je n’arrive pas à lutter contre cette « hibernation ». Pourtant je prends sur moi, je me force à aller de l’avant, à m’entourer de gens avec qui je peux discuter ou rire.

J’ai cette force qui m’aide tout de même à ne pas sombrer complètement et à garder les pieds sur terre…

Est-ce parce que la maladie est faible chez moi ?
Ou parce que j’ai deux enfants qui comptent sur moi et que malgré tout, ceux sont eux ma priorité ?

Est-ce tout simplement mon caractère ? Mon tempérament ?

Hier j’ai vu ma psy, je lui ai demandé dans quelle catégorie de bipolaire je me trouvais, j’aimerai savoir à quel stade je suis de la maladie.

Elle a répondu qu’elle refusait de me mettre dans une « boite », que j’étais bipolaire. Point. Elle a ajouté que j’avais une forme relativement légère de cette maladie par rapport à certaines personnes qu’elle suivait.

Je n’ai jamais fais de tentative de suicide, je n’y ai même jamais pensé, je n’ai jamais été interné ou hospitalisé suite à une trop grande dépression, je ne me suis jamais mutilée, droguée ou pris de l’alcool en dehors d’un apéro ou d’un verre de vin de temps en temps. Je n’ai jamais eu des épisodes délirants ou j’entends des voix ou vois des choses qui n’existent pas…
Je ne connais pas la liste de ce que peut provoquer la bipolarité…

Je suis simplement quelqu’un qui souffre d’un mal être profond depuis sans doute l’enfance, qui arrive de temps en temps à sortir la tête de l’eau mais qui replonge facilement.

Quelqu’un d’angoissée et de stressée perpétuellement…
Avec une hyper sensibilité exacerbée et à fleur de peau…
Quelqu’un d’excessif dans tout…
Quelqu’un qui n’arrive pas à être heureux, à se sentir bien, à se dire que la vie est belle.

Je sais qu’il va falloir que je vive avec le restant de ma vie, je sais aussi que je suis fragile et que je peux basculer d’un moment à l’autre sans préméditation…